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III LES GRANDS 8
III  Défi cycliste sur les cols de France

Les Grands 8 Portrait
Les Grands 8 sont de défis sportifs mais surtout de belles rencontres. Quel que soit le niveau de performance nous sommes là pour avant tout pour partager une belle aventure et faire de belles rencontres.
Tout au long des prochaines semaines nous avons décidé d’aller à votre rencontre afin de nous faire partager votre passion.
On ne pouvait pas débuter cette nouvelle rubrique sans commencer par Patrick Gilles un vrai spécialiste de la longue distance.

* Bonjour Patrick, tu peux te présenter ?
Patrick GILLES, 49 ans, ardéchois (fidèle !), marié et papa d’une désormais grande fille, Coralie (16 ans).

Je pratique le vélo depuis l’âge de 12 ans. J’ai commencé aux côtés de mon oncle, président du club des Cyclos Randonneurs Privadois. Rien ne me prédestiné à faire du vélo car mes parents m’avaient inscrit au club d’athlétisme. Je me rendais au stade tous les mercredis après-midi à vélo et progressivement, j’ai constaté que je prenais plus de plaisir dans les trajets qu’à courir en rond autour du stade ! Mon oncle m’a donc proposé de venir aux sorties des cyclos privadois le mercredi en fin de journée pour des petits tours de 25 à 35 kms. Je me souviens qu’il arrivait souvent qu’une main bien vaillante m’aide à rester dans les roues dans les petites bosses que l’on empruntait autour de Privas. Rapidement, j’ai voulu allait au-delà de ces petites sorties et j’ai progressivement allongé les distances jusqu’à m’offrir mon premier 200 en guise de cadeau d’anniversaire pour mes 15 ans. Plutôt rondouillard, je n’étais pas vraiment taillé pour être un cycliste mais je rêvais de m’envoler dans les cols tel un Lucho Herrera !

A 17 ans, on m’a proposé de rejoindre le club FFC de Privas. L’expérience de la compétition n’a pas été très concluante même si je m’efforçais de donner le meilleur avec des moyens limités et aucune notion d’entraînement, me contentant simplement de rouler.

J’ai progressivement délaissé les courses FFC pour trouver dans les cyclosportives un terrain davantage à ma convenance et à ma façon de concevoir le vélo : envie d’évasion, de grands espaces, de défi contre moi-même sur des parcours longs et difficiles. Les résultats ont suivi avec des places régulièrement dans le Top 20 et parfois le Top 10 des épreuves cyclosportives entre les années 90 et 2000. Mon attirance pour les longs parcours des cyclosportives m’a amené à croiser un solide cyclo de la région d’Aubenas qui m’a initié à la pratique de la longue distance et m’a permis de me préparer pour une première expérience qui fera office de déclic : Bordeaux Paris. Je n’oublierai jamais tout ce que j’ai pu éprouver comme sensations tout au long de cette épreuve avec à la clé, la découverte de la nuit à vélo. C’était en 1998, j’étais le plus jeune participant de l’épreuve que j’ai terminé à la 9e place. J’avais trouvé mon bonheur et j’ai fait des longues distances, ma principale façon de pratiquer le vélo en considérant comme un ultra-baroudeur plutôt que comme un ultra-cycliste.

* Tu es un spécialiste des longues balades en solitaire quels sont tes conseils sur :
– la gestion de l’effort ? tu te fixes un plan de route ? ou tu roules à la sensation ?

Au niveau de la gestion de l’effort, il faut avant tout parfaitement se connaître avant de parvenir à établir un plan de route que l’on est capable de suivre. On tâtonne beaucoup au départ puis avec l’expérience on finit par trouver ce qui nous correspond le mieux sur le plan de l’alimentation, du sommeil, du rythme à adopter. Désormais, je me connais tellement bien que je roule aux sensations mais sur la base d’un plan de route de référence construit sur la base de l’expérience que j’ai acquise.

* L’alimentation tu es plutôt bar de céréales et gels ou sandwich pizza ?
Sur les longues distances, au bout d’un certain moment, on finit par manger tout ce que l’on trouve ! Pour des épreuves n’excédant pas 24h, je privilégie l’autonomie en puisant dans les poches les barres et gels que j’ai prévus à raison d’une prise toutes les heures. Au-delà, je m’accorde la fameuse pause boulangerie pour prendre flan, quiche ou pizza. Il m’est même arrivé sur la RAF de m’arrêter au McDo ou de me poser à la terrasse d’un café pour manger une glace ! L’important sur de telles distances c’est de garder du plaisir à manger ce que l’on aime.

* Quels sont tes conseils pour le roulage de nuit ?
Rouler la nuit est très particulier. Ça peut être inquiétant la première fois mais rapidement, on trouve cela magique. Tout est différent, calme, serein et en même temps, on découvre des bruits que l’on n’entend pas le jour.

Pour rouler la nuit la priorité est la sécurité. Voir et être vu. Pour cela, je double mon éclairage avant par une frontale qui peut faire office d’éclairage complémentaire, notamment dans les descentes, et qui sert également lors des arrêts (même si la nuit je ne m’arrête pas beaucoup). La frontale permet également d’y voir latéralement et c’est parfois utile quand on entend quelques grognements bizarres !
Enfin, je roule toujours avec un baudrier fluo, plus pratique que le traditionnel gilet fluo.

* Quelle est pour toi la longue balade idéale ?
Pour moi, la longue balade idéale est un 300 ou un 400 que je trace la veille de partir en saisissant l’occasion d’une belle fenêtre météo. Je choisis de belles ascensions et des petites routes tranquilles. Ces sorties sont de vrais petits bonheurs, des moments rien qu’à moi où j’ai l’impression de m’échapper de la réalité. Souvent je remercie tous ceux qui d’une manière ou d’une autre m’ont permis de connaître de tels moments.

* Un mot sur ton matériel (vélo / vêtement) pour les longues balades ?
Tu privilégies quoi ?
Au niveau matériel, je suis fidèle à la marque Origine depuis 8 ans. Je roule désormais sur Axxome GTR Evo Ultra dont je suis un peu à l’origine, sans jeu de mot ni prétention. Ce vélo est un peu comme moi d’une certaine manière, il a du caractère mais cache bien son jeu ! Au niveau des pneus, là aussi, je fais preuve de fidélité en ayant une confiance absolue dans les Continental 4 Saisons qui sont pour moi les pneus par excellence de l’ultra baroudeur.
Au niveau vêtement, j’accorde une attention toute particulière au cuissard et depuis plusieurs saisons, j’ai trouvé avec la marque Ozio des produits qui me conviennent parfaitement.
Enfin, autre équipement de mon point de vue indispensable pour la pratique des longues distances, la veste de pluie en Gore Tex pouvant tout à la fois être utile avec d’averse bien évidemment mais également, être particulièrement efficace comme coupe-vent en toute saison. Certes, c’est un investissement mais sur la durée, on ne le regrette pas.

* Quel est ton prochain défi ?
Ma saison 2022 s’annonce assez riche avec notamment une participation à 3 épreuves BikingMan. Je vais également m’aligner au départ de la première édition de l’Ardèchoise Ultra que j’attendais depuis des années. Enfin, je vais combler un manque en prenant enfin le départ d’une épreuve qui m’a toujours fait rêver mais à laquelle je n’avais encore jamais eu l’occasion de participer : le Raid Provence Extrême.
Voilà pour les grandes lignes en espérant pouvoir ajouter ici et là quelques « petits » bonus !

* Un réseau où on peut te suivre ?
Pour celles et ceux qui veulent suivre mes aventures, rendez-vous sur mon blog www.lecyclonaute.fr